23.09.2025

La Suisse quitte l'Organisation internationale du bois

L'organisme des Nations Unies chargé du bois perd un membre clé après l'échec du projet en Malaisie. « L'OIBT n'est plus une institution crédible en matière de conservation des forêts et de sylviculture tropicale durable », déclare Lukas Straumann, directeur du BMF.

**Version traduite**

(BERNE/YOKOHAMA). Le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) a entamé des consultations en vue du retrait de la Suisse de l'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), un organisme des Nations Unies chargé de garantir la durabilité de la production et du commerce des bois tropicaux. La décision officielle du gouvernement suisse de quitter l'OIBT est attendue d'ici la fin de l'année. 

Le Bruno Manser Fonds (BMF) a appris de sources gouvernementales suisses que la Suisse reste attachée à l'objectif de la gestion durable des forêts tropicales, mais qu'elle ne considère plus l'OIBT comme le canal approprié pour poursuivre cet objectif. 

Cette décision intervient moins d'un an après que le gouvernement du Sarawak ait unilatéralement mis fin à un projet phare de l'OIBT financé par la Suisse dans la partie malaisienne de Bornéo, la zone forestière d'Upper Baram (UBFA). L'OIBT a été vivement critiqué par la société civile pour sa gestion du projet et son manque d'impartialité.  

Le projet du Sarawak n'a pas correctement mis en œuvre le principe du consentement préalable en connaissance de cause (FPIC) avec les communautés autochtones et a été interrompu lorsque le département des forêts du Sarawak a secrètement accordé une nouvelle concession forestière importante sur la zone du projet à une entreprise contrôlée par un magnat du bois malaisien ayant des liens politiques.

Le Bruno Manser Fonds salue la décision du Secrétariat d'État suisse à l'économie, mais regrette que l'OIBT ait perdu ses repères.

« L'OIBT n'est plus une institution crédible en matière de conservation des forêts et de sylviculture tropicale durable », déclare Lukas Straumann, directeur du BMF. « Elle a systématiquement échoué à lutter contre la corruption, qui est l'un des principaux facteurs de la déforestation tropicale, et s'est laissée influencer par le lobby du bois. »

Dans le passé, la Suisse avait contribué au financement d'importantes zones protégées au Sarawak par l'intermédiaire de l'OIBT, telles que les parcs nationaux de Lanjak-Entimau et Pulong Tau.

Après que l'OIBT a été secouée par une fraude de plusieurs millions de dollars en 2016, la Suisse a joué un rôle clé dans l'enquête sur les faits. La Suisse était membre de l'OIBT depuis 1986.